L’écart de puissance qui sépare aujourd’hui Ferrari de Mercedes ne se mesure pas en détails techniques, mais en chevaux bien tangibles : Gerhard Berger, ex-pilote et figure respectée du paddock, n’y va pas par quatre chemins. Selon lui, il manquerait à la Scuderia quelque quatre-vingts chevaux pour espérer inquiéter les Flèches d’argent sur la piste.

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Pas question pour Ferrari de rêver à une revanche immédiate sur Mercedes. Berger, qui connaît la maison rouge jusque dans ses moindres rouages, ne s’embarrasse pas d’optimisme facile : il faudra patienter « un an ou deux » avant d’espérer inverser la tendance. Le moteur, cible de toutes les critiques depuis l’affaire qui a secoué la saison précédente, reste le maillon faible. L’enquête menée par la Fédération Internationale de l’Automobile sur la légalité du bloc Ferrari s’est close sur une entente restée secrète, mais les conséquences, elles, se lisent en piste.
Ferrari à la peine, la vérité des chiffres
Berger l’a confié à Sportbuzzer : « Après l’accord, le moteur Ferrari s’est retrouvé hors course, tout simplement. Il leur faut maintenant combler un retard considérable en développement. Sur un tour, Ferrari perd près d’une seconde, soit 50 à 60 chevaux, et cela alors qu’ils n’avaient jamais vraiment dépassé Mercedes en performance pure. Pour vraiment se placer en tête, il leur faudrait regagner au moins 70 à 80 chevaux. »
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La marche à franchir est donc vertigineuse. Retrouver quatre-vingts chevaux, c’est bien plus qu’un ajustement de réglage : c’est un défi technique de taille pour la Scuderia, qui aspire à retrouver sa place au sommet du championnat du monde de Formule 1. Berger ne cache pas l’ampleur de la tâche : « À ce niveau, c’est un chantier colossal. Il leur faudra un ou deux ans pour y parvenir. » Les podiums de Charles Leclerc, aussi symboliques soient-ils, ne doivent pas masquer la réalité : les difficultés de Sebastian Vettel mettent en lumière la profondeur des problèmes de Ferrari.
Voici ce que dénonçaient les observateurs du paddock ces derniers mois :
- Une monoplace jugée difficile à piloter, instable dans certaines conditions
- Des écarts de rythme brutaux entre pilotes, comme lorsque Vettel accusait une seconde de retard sur Leclerc lors d’un même relais
- Un moteur qui a perdu de sa superbe après l’intervention de la FIA
Christian Danner, autre ancien pilote passé par la case télévision allemande, va dans le même sens. Sur RTL, il analyse sans détour : « La voiture est extrêmement exigeante, parfois même inadaptée à la piste. On l’a vu quand Vettel se retrouvait nettement derrière Leclerc sur des séquences entières. »

La monoplace de Leclerc, figée dans les stands de Silverstone, symbolise à elle seule l’attente fébrile d’un public qui rêve d’une Scuderia conquérante. Mais la ligne droite est encore loin. Pour Ferrari, chaque cheval repris sur le moteur sera une victoire sur le doute. Reste à savoir si la patience des tifosi tiendra jusqu’au rugissement de la résurrection.

